Le genre merveilleux

Nous utilisons aujourd’hui l’adjectif merveilleux pour évoquer une personne ou un objet qui suscite l’admiration par ses qualités et en particulier par sa beauté. Il est intéressant de rappeler pourtant que, étymologiquement, le mot merveille vient du mot latin mirabilia : il désignait alors ce qui provoquait l’étonnement.

Au Moyen-âge, le mot merveille désignait ce qui suscitait l'étonnement ou la terreur, par son caractère étrange, inexplicable et prodigieux. Ainsi en était-il des miracles que l'Église attribuait à une intervention divine ou des maléfices jetés par les démons.

Au Moyen-âge, les romans du cycle arthurien se déroulent dans un univers féodal réaliste mais le merveilleux y fait de fréquentes intrusions : le royaume du Roi Arthur est souvent désigné par le nom de Logres « qui fut jadis la terre aux ogres » avant d’être le Royaume de Bretagne. On y trouve des lieux enchantés (la Fontaine de Barenton ou le Val sans retour en forêt de Brocéliande), des objets magiques (l’épée Excalibur), des êtres aux pouvoirs surnaturels (Merlin et les fées Viviane ou Morgane), des créatures monstrueuses (les dragons). Le merveilleux donne aux romans de chevalerie une dimension poétique à laquelle nous sommes sensibles aujourd’hui mais qui avait au Moyen-âge une signification religieuse : en surmontant victorieusement les obstacles surnaturels, les chevaliers combattent les forces du mal et font triompher les valeurs du christianisme.

Le genre merveilleux s’épanouit dans les contes de fées de Charles Perrault au XVIIe siècle. Par exemple, le surnaturel appartient à la vie quotidienne de Cendrillon (la pantoufle de vair) ou du Petit Poucet (les bottes de sept lieues).

On peut aussi penser au succès, depuis quelques années, du genre appelé fantasie (de l’anglais fantasy qui signifie imagination). Le récit se déroule alors dans un passé imaginaire ou dans un monde parallèle, avec leurs créatures monstrueuses, leurs mythes, leurs épopées et leur magie. On y trouve une exaltation de l’univers et de la nature, de la violence et de l’héroïsme et une omniprésence du sacré.

On peut donc en conclure que, dans un récit merveilleux, le lecteur et les personnages admettent le surnaturel avec la plus grande simplicité comme allant de soi : c’est une simple convention admise avant d’entrer dans la lecture pour le lecteur et dans l’aventure pour les personnages.

Mémento

Les romans du cycle arthurien se déroulent dans un univers féodal réaliste mais le merveilleux y fait de fréquentes intrusions : lieux enchantés, objets magiques, êtres aux pouvoirs surnaturels et créatures monstrueuses. Le merveilleux avait au Moyen-âge une signification religieuse : en surmontant victorieusement les obstacles surnaturels, les chevaliers combattent les forces du mal et font triompher les valeurs du christianisme. Dans un récit merveilleux, le lecteur et les personnages admettent le surnaturel avec la plus grande simplicité comme allant de soi : c’est une simple convention admise avant d’entrer dans la lecture pour le lecteur et dans l’aventure pour les personnages.